En 2024, l’âge moyen effectif de départ à la retraite en France atteint 62,7 ans, selon les données de la Drees. Cette moyenne masque des disparités importantes selon les carrières, le secteur d’activité ou l’année de naissance.
Le report progressif de l’âge légal à 64 ans, prévu par la réforme de 2023, commence déjà à modifier le calendrier des départs, tandis qu’une part croissante de nouveaux retraités continue d’exercer une activité professionnelle au-delà du seuil officiel.
Où en est l’âge moyen de départ à la retraite en France en 2024 ?
Le débat sur la réforme des retraites s’appuie sur des chiffres bien réels. Selon les plus récentes études de la Drees (direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), l’âge moyen de départ à la retraite se fixe à 62,7 ans en 2024. Cette donnée, calculée pour la France métropolitaine, intègre déjà les premiers effets du report de l’âge légal acté lors des dernières réformes.
Regarder dans le rétroviseur montre un mouvement net : depuis plus de dix ans, cet âge moyen grimpe lentement mais sûrement. Avant la réforme de 2010, l’âge conjoncturel de départ restait bloqué sous la barre des 61 ans. Aujourd’hui, la trajectoire suit la hausse progressive de l’âge légal de départ à la retraite, appelé à passer de 62 à 64 ans. Mais la mécanique ne se limite pas à un simple relèvement du seuil légal : la durée de cotisation pour bénéficier d’une pension complète s’allonge également, poussant nombre d’actifs à prolonger leur carrière.
Le report de l’âge légal de départ ne produit pas un effet uniforme sur l’ensemble de la population. Différents paramètres entrent en jeu : la pénibilité du métier, la possibilité d’un départ anticipé, ou encore la nature des contrats de travail. Les évaluations statistiques rappellent que certaines catégories, salariés exposés à des tâches physiquement éprouvantes, parcours professionnels discontinus, emplois précaires, quittent encore le marché du travail plus tôt que la moyenne.
Voici quelques repères pour visualiser cette évolution :
- 62,7 ans : moyenne actuelle du départ à la retraite en 2024
- 64 ans : nouvel âge légal en cours de déploiement
- Des écarts marqués selon le secteur, la durée de carrière, ou l’accès à des dispositifs spécifiques
Le visage de la retraite en France se transforme. Parcours variés, âges de départ multiples, situations individuelles plus diverses que jamais : le paysage se complexifie, obligeant à aller au-delà des moyennes pour saisir la réalité du terrain.
Les chiffres clés à connaître sur la retraite aujourd’hui
Pour prendre la mesure de la retraite en France, quelques chiffres s’imposent. La population retraitée franchit le seuil des 17 millions en 2024, selon la Drees. Ce vieillissement profond redessine la société française et ses équilibres.
Quelques points de repère éclairent ce panorama :
- 1 531 euros bruts : la pension moyenne versée en 2023, tous régimes confondus. Ce montant cache des écarts majeurs, d’un retraité à l’autre, selon le parcours, le sexe ou le régime d’affiliation.
- La retraite complémentaire pèse lourd dans le budget des anciens salariés du privé, représentant souvent plus du tiers de leur pension totale.
- Minimum vieillesse : fixé à 961 euros par mois en 2024, il assure un filet de sécurité pour ceux dont la carrière a été trop courte ou chaotique.
- Chaque année, près de 350 milliards d’euros sont versés sous forme de pensions, soit plus de 13 % du produit intérieur brut du pays.
Le niveau de vie des retraités reste globalement aligné sur celui de l’ensemble des Français, même si la tendance est à la stagnation depuis quelques années. On retrouve aujourd’hui aussi bien des bénéficiaires du minimum vieillesse que des retraités disposant de pensions confortables, issus de longues carrières ou de régimes spécifiques.
Quelles tendances se dessinent pour les prochaines années ?
Difficile d’ignorer la montée en puissance de l’emploi des seniors. L’allongement de la vie professionnelle redéfinit les parcours. Selon la Drees, le taux d’emploi des 60-64 ans approche les 36 %. C’est en dessous de la moyenne européenne, mais la progression s’accélère, portée par la succession des réformes des retraites et le relèvement de l’âge légal de départ.
Pour faire face à la pression démographique et au déséquilibre entre actifs et retraités, le système de protection sociale consacre désormais plus de 330 milliards d’euros par an au financement des retraites. Les projections de la Drees anticipent un allongement de l’âge moyen de départ : 63,4 ans attendus en 2027, contre 62,7 ans en 2023.
Trois axes structurent cette évolution :
- Le taux d’emploi des seniors devient un paramètre central pour l’équilibre financier du système.
- La réglementation continue d’évoluer, avec pour objectif de retarder la sortie du marché du travail tout en limitant les effets d’exclusion.
- La protection sociale doit s’adapter à des carrières davantage marquées par les ruptures et les reconversions.
Le travail après 60 ans n’a plus rien d’exceptionnel. La notion de retraite se réinvente, et la frontière entre vie active et nouvelle étape s’efface peu à peu. Les prochaines années seront celles de la transition, où chaque génération devra composer avec de nouveaux repères.
Comprendre les écarts selon les régimes et les profils de retraités
Le système de retraite français se distingue par la coexistence de nombreux régimes : général, fonction publique, régimes spéciaux, indépendants, agricoles. Chacun fonctionne avec ses propres règles, aussi bien pour l’âge de départ que pour le calcul des droits retraite. Résultat : des écarts sensibles entre les retraités, tant sur l’âge moyen de départ que sur le montant des pensions.
Les statistiques de la Drees dévoilent ces différences. Le régime général affiche un âge conjoncturel de départ autour de 62,8 ans en 2023. Dans la fonction publique, la moyenne grimpe à 63,5 ans, portée par des carrières souvent linéaires. Les régimes spéciaux restent, eux, en deçà : certains secteurs autorisent encore des départs anticipés.
- Les femmes partent généralement plus tard que les hommes, la recherche du taux plein nécessitant de rattraper des interruptions de carrière.
- Ceux qui ont commencé à travailler très jeune, dans l’industrie ou l’agriculture par exemple, prennent leur retraite plus tôt que la moyenne nationale.
La pension de réversion a parfois un effet d’amortisseur, surtout pour les conjoints survivants ayant connu une carrière hachée. Les analyses de la direction recherche et études pointent un écart de pension entre secteur privé et fonction publique qui dépasse souvent 20 % sur une année. Ces disparités, loin d’être anecdotiques, dessinent un paysage de la retraite en France où l’uniformité n’existe pas.
Les prochaines années s’annoncent pleines de défis pour le système, entre relèvement de l’âge légal, ajustements des paramètres et adaptation à une société qui vieillit. La retraite, désormais, se conjugue au pluriel.


